Cette candidature multinationale a été présentée conjointement par le Luxembourg, la Belgique, l’Italie et la France.
L’art musical des sonneurs de trompe, une technique instrumentale liée au chant, à la maîtrise du souffle, au vibrato, à la résonance des lieux et à la convivialité rassemble les techniques et compétences qu’un sonneur mobilise pour jouer de la trompe.
La justesse et la qualité des notes produites sont influencées par le souffle du musicien et la technique instrumentale est fondée sur la maîtrise corporelle du sonneur. Le timbre de l’instrument est clair et perçant, surtout dans les aigus et la gamme sonore de l’instrument est fondée sur la résonance naturelle aux riches harmoniques. De douze notes, sa tessiture autorise une composition avec une mélodie de chant, accompagnée d’une seconde voix et harmonisée avec une partition de basse. Partie intégrante de l’art de la trompe, le chant permet au musicien de développer la cohésion et la convivialité.
La sonnerie de trompe est un art performatif, ouvert à la créativité musicale et pratiqué lors des moments festifs. Rassemblés par leur fascination commune pour cette musique instrumentale, les sonneurs proviennent de tous les milieux socio-culturels. Cette très grande mixité sociale est l’un des marqueurs de la pratique actuelle de la trompe.
L’éducation à la pratique est traditionnellement orale et imitative. Toutefois, les sonneurs apprennent rarement seuls : la pratique musicale s’acquiert souvent dans le cadre des « écoles de trompe ». La musique de trompe maintient un vaste répertoire musical vivant et dynamique qui n’a jamais cessé de s’enrichir depuis le dix-septième siècle. Le sentiment d’appartenance et de continuité procède de l’interprétation d’un répertoire commun, en partie hérité de l’histoire et qui favorise le dialogue interculturel et international.
La trompe en ré s’impose à la cour de Louis XV à partir de 1723 sous l’influence du Marquis de Dampierre. Aujourd’hui, les sonneurs de France, du Bénélux et du Piémont utilisent la trompe d’Orléans (descendante de la Dampierre) dans divers contextes : fêtes de village, kermesses, concours…
Si ces rassemblements sont souvent empreints de convivialité, de joie et de partage, les sonneurs savent s’adapter à des manifestations plus solennelles, à l’image de la fête patronale de Saint Hubert, patron des sonneurs de trompe.
Dépourvue de trous et de touches pour ajuster les notes, la musique des trompes dépend uniquement du souffle et de la maîtrise corporelle du sonneur. Les chants polyphoniques des sonneurs sont d’ailleurs nécessaires pour entraîner son souffle et ses cordes vocales, mais aussi pour favoriser la cohésion de groupe. S’il existe des « écoles de trompe », les débutants, de tout âge, genre et classe sociale apprennent principalement grâce à une forme de transmission orale, notamment en imitant les sonneurs plus aguerris.
La mixité sociale au sein des sonneurs permet d’enrichir continuellement leur répertoire musical. Contribuant à façonner un sentiment d’appartenance à la communauté des sonneurs, ce répertoire se situe à la croisée d’un héritage historique et d’une volonté d’ouverture au monde.
Différentes structures, comme la Fédération Internationale des Trompes de France (FITF) ou la Fondation pour le Rayonnement de la Trompe Musicale (FRTM), sont aujourd’hui les porteurs de ce patrimoine vivant. Ils organisent de nombreux colloques sur l’histoire et l’évolution de la trompe, ainsi que des concours dans les différents pays concernés.
L’art musical des sonneurs de trompe a été porté par la France, la Belgique, le Luxembourg et l’Italie pour une inscription en 2020 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
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Fédération Internationale des Trompes de France , LA TROMPE Tradition et Avenir, France, FITF, Juin 2013.