Le point d’Alençon est un savoir-faire complexe et unique au monde, résultat de l’expérience accumulée par des générations de dentellières, transmis sans interruption depuis le XVIIe siècle.
Le point d’Alençon n’a cessé d’évoluer, tout en sauvegardant son identité. La transmission ne se confond pas avec la reproduction à l’identique. Elle se conjugue avec la création contemporaine afin de projeter le savoir-faire dans l’avenir et de perpétuer son attractivité sous des formes renouvelées.
Une communauté des dentellières, extrêmement réduite et concentrée au sein de l’Atelier de dentelle d’Alençon relevant des Manufactures nationales, Sèvres & Mobilier national, perpétue ce savoir-faire.
La transmission est basée sur une relation étroite entre la maîtresse et son élève. Elle ne passe que par l’oralité, l’observation des gestes et la pratique. Aucune codification écrite n’est établie pour permettre l’appropriation et la maîtrise de la technique. La formation nécessite 7 à 10 ans d’apprentissage. L’exécution du point d’Alençon, poussée à son plus haut niveau d’excellence, est très longue puisque 7 à 15 heures sont nécessaires pour produire 1 cm² de dentelle.
Le point d’Alençon n’est pas reproductible mécaniquement. Chaque pièce est unique car elle est le fruit du travail de la main.
Créé au XVIIe siècle, le point d’Alençon est une technique de dentelle à l’aiguille qui permet de constituer des pièces de textile ajouré d’une grande finesse, destinées à l’ornementation civile ou religieuse.
Chaque pièce est constituée de l’assemblage invisible d’éléments de petite taille, dont l’exécution nécessite la succession d’une dizaine d’étapes de fabrication incontournables. Un matériel dérisoire – un fil de lin et une aiguille – contraste avec la production de pièces prestigieuses et uniques.
Jusqu’au XIXe siècle, chacune des milliers de dentellières maîtrisait une étape de l’ensemble du savoir-faire. Malgré cette division du travail, la technique dentellière a été transmise sans discontinuité jusqu’aux détentrices actuelles.
Ces héritières, aujourd’hui moins d’une dizaine, maîtrisent l’ensemble des différentes opérations nécessaires après un long apprentissage d’une dizaine d’années au sein de l’Atelier de dentelle d’Alençon.
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MAUBOUSSIN Johanna (dir.), Alençon, la dentelle en héritage, Société historique et archéologique de l'Orne (SHAO) (tome CXXXX), Alençon, 2021.