Skip to main content

La couverture en zinc sur les toits de Paris englobe les connaissances et les compétences nécessaires à la restauration des toitures des immeubles haussmanniens et post haussmanniens construits à Paris au cours du XIXe et XXe siècles. Ces toits sont caractérisés par la forme des combles à la Mansart (comble brisé dont chaque versant a 2 pentes : le brisis et le terrasson -) et par l’utilisation du zinc comme matériau pour la toiture. Le zinc est un métal qui, par sa légèreté, permet de réduire la section des pièces de la charpente et d’augmenter d’autant le volume habitable sous les combles. La restauration d’une toiture consiste à enlever les anciennes pièces de zinc et de volige (le « décrapouillage »), à relever les cotes sur le toit, à découper et former de nouvelles pièces sur mesure à l’aide d’une plieuse parisienne, puis à assembler et fixer les pièces sur la toiture, en tenant compte de la dilatation du métal. Elle consiste aussi à poser un isolant sous la volige et le zinc pour répondre au changement climatique.

Copyright:  Gilles Mermet

Dans la cabane de chantier construite sur le toit, le couvreur prépare toutes les feuilles de zinc dont il a pris les cotes sur le toit. Avant la découpe à la cisaille pélican, il mesure et trace les pièces comme le ferait un couturier. L’art du calepinage (mesure sur le toit) puis des tracés sur la feuille de zinc et des découpes font partie des savoir-faire que les couvreurs ont fait reconnaître au patrimoine immatériel de l’UNESCO. C’est là que s’illustrent leurs qualités physiques indissociables de leurs qualités intellectuelles.

Les ornemanistes travaillent le zinc dans leur atelier pour fabriquer des lucarnes, des œils-de-bœuf, reproduire ou créer des ornements (frises de faîtage, épis, pommes de pin…) qui rehaussent la beauté de la toiture et des dômes.

Copyright:  Gilles Mermet

Sous le regard attentif du jeune apprenti, le compagnon couvreur jointure l’angle d’une gouttière avant de la souder.Grâce au système de l’alternance entre le CFA et l’entreprise, l’apprenti peut mettre en pratique ce qu’il a appris au CFA et bénéficier de l’expérience de son maître d’apprentissage sur le chantier. La transmission des savoir-faire sur le chantier est essentiel pour pouvoir restaurer les toits de Paris dans les règles de l’art.

Avec près de 80 % des toits de Paris recouverts de zinc, la ville est une archive vivante de ces savoir-faire qui façonnent l’identité unique de son paysage urbain. La pratique est transmise par des Centres de formations pour apprentis (CFA) : le temps de l’apprentissage (entre 2 et 5 ans ) est régi par le système de l’alternance pendant lequel les apprentis alternent théorie, cours pratiques en ateliers et expérience de travail réel sur les chantiers. La fierté de préserver la beauté du paysage parisien favorise les liens sociaux entre couvreurs et ornemanistes. Ce sentiment d’appartenance se manifeste par une coutume qui consiste à laisser un objet (message, photo, journal…) sous la toiture ou sous le socle d’un ornement à la fin d’un chantier, objet que les futurs couvreurs zingueurs retrouveront des décennies plus tard lorsqu’ils referont la toiture du bâtiment.

à lire

à écouter

à voir

Collectif, Encyclopédie des métiers – L’Art du couvreur - 3 tomes, France, Association ouvrière des Compagnons du devoir du tour de France.

Henri Charlent, Traité de Couverture, France, Paris, Editions Dunod, 2000.

Gilles Mermet, Les toits de Paris ou l’art des couvreurs, France, Paris, Editions de la Martinière, 2011.

Gilles Mermet, Couvreurs et Ornemanistes, les artistes des toits, France, Paris, Editions de la Martinière, 2024.

Gustave Mouren, Couvreur-zingueur-plombier à Paris (1861-1939), Paris, France, L’Harmattan (Mémoires du XXe siècle).

Usine Union minière France, Le mémento du couvreur-zingueur, Umicore France, 2010.